Le vent glacial frappait mon visage et m'atteignait en plein coeur, même si au fond je sentais que c'était un autre mal qui me rongeait de l'intérieur. je marchais, je m'arrêtais, j'attendais, mais même à petit pas j'allais toujours de l'avant. il faut toujours aller de l'avant, jamais en arrière, sinon on est perdu.
Tout en regagnant mon chez moi, je croisais "les gens", des petits, des grands, des hommes et des femmes de toutes sortes, c'est là que je me rendais compte à quel point la terre était peuplée, à quel point chambery était plein de vivants, et pas seulement d'ombres et de fantômes.
On n'est pas sérieux quand on a dix sept ans disait Rimbaud. On l'est encore moins à dix huit je vous assure... avant, j'étais toujours à la bibliothèque, les livres? mes amis. l'écriture? mon psy. je répugnais les jeunes, les fêtes, l'amusement je connaissais de vue, de loin. j'étais loin d'être drôle comme fille, plutôt compliquée et angoissée, pour moi le travail était le seul moyen de rédemption, si jamais le paradis existait, ce que je doute.
Mais chemin faisant, j'ai rencontré de bonnes personnes, pardon, les bonnes personnes. j'ai aimé la vie, aimer sortir, m'amuser, danser, chanter, découvrir de nouveaux horizons. car la vie n'est pas un roman c'est vrai, et ce n'était pas en lisant et écrivant que j'allais exister, la vie en "live" c'est beaucoup mieux.
Aujourd'hui, j'ai arrêté de vouloir tout contrôler, d'être parfaite en tous points. Je ne le suis pas, tant pis, je vais bien quand même. je cours, je m'essoufle, je perds la tête, je bouleverse lordre des choses, je vis avec passion et intensité, pour ne rien regretter. je suis jeune, et pas toute puissante. je suis fragile, mais ni en sucre ni en marbre. j'ai toujours cette étoile à conquérir, maintenant que je sais ce que aimer veut dire.
va, ne te retourne pas, vis, deviens qui tu es.
Je ne sais plus comment était hier.
je ne sais pas ce que sera demain.
mais je sais que aujourd'hui la vie est mienne
et que je le prend à bras le coeur.
début janvier 2009